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Les microphages suspensivores qui font d'un aquarium un récifal

  • Par lbno
  • Le 16/02/2019

Les  microphages suspensivores qui font d'un aquarium un récifal 

 

   Même si elle apparaît à l'oeil nu claire comme de l'eau de roche l'eau de mer où baignent les récifs est en vérité un bouillon nutritif fortement chargé de micro-organismes vivants ( plancton ) ou morts ( particules ). Ces micro-éléments végétaux et animaux constituent la nourriture de base des suspensivores. Dans un aquarium récifal non écosystémique, surécumé et surfiltré, l'eau ne contient absolument plus rien de ces éléments vitaux élémentaires. Beaucoup de récifalistes confondent encore oligotrophie et aseptisation. Nous avons déjà développé ce sujet dans l'article intitulé explicitement "Mon récifal oligotrophe, ce beau malade écologique". Cette confusion a de graves conséquences puisque ces mêmes aquariophiles maintiennent dans leur bacs précisément récifaux de très nombreuses espèces se nourrissant dans la Nature du contenu du bouillon nutritif qu'est l'eau de la mer.

Les poissons coralliens microphages suspensivores

   Parmi elles sont certains poissons, comme notamment les Pomacentridés( ex : poissons clowms et demoiselles ) , les Microdesmidae ( ex : Gobie de feu ), les Apogonidés ( par ex : Kauderni ) et quelques petits Serranidés ( par ex : Anthias ). On remarquera tout de suite que ces poissons sont presque systématiquement présents dans les bacs récifaux. Heureusement, contrairement aux poissons microphages strictes ou aux microphages partiellement macrophages, comme les Synchiropus ou les Chelmons ( microphages benthiques ) quasiment tous les poissons microphages suspensivores habituellement proposés à la vente peuvent se contenter de nourriture de substitution. Mais quand on voit  un banc de Pterapogon kauderni chasser au crépuscule le plancton remontant d'unDSB ( lit de sable épais ) ou un banc de Chromis viridis et un couple d'Amphiprions ocellaris au dessus de leur anémone donner frénétiquement des coups de tête dans la colonne d'eau d'un aquarium récifal écosystémique on n'a aucun doute sur l'orientation nutritionnelle essentielle de ces poissons. Le récifaliste sans conscience naturaliste insistera bien entendu sur le fait que ces espèces vivent très bien depuis des années en captivité ( et y sont même reproduites massivement ) dans un aquarium sans micro-organismes en suspension. C'est vrai, mais encore une fois on le répétera tant qu'il le faudra, la pratique de l'aquariophilie authentique implique un le respect de son Principe conceptuel !  

Les Invertébrés coralliens microphages suspensivores

   Autant on peut admettre que les poissons microphages suspensivores communs en récifal s'accomodent aisément d'un bac à l'eau micro-biologiquement aseptisée, autant ce type de bacs est une abbération pour le maintien de la majorité des invertébrés sessiles. Parmi ces invertébrés qui ne peuvent se déplacer ou très très lentement on va trouver quasiment tous les animaux qui font le caractère objectif d'un aquarium récifal, à savoir les coraux, les gorgones les éponges, les Bryozoaires, les bivalves, les vers tubicoles, les Vermetidae... bref l'ensemble de la faune inféodée aux substrats. Ce n'est pas par hasard si, dans un aquarium écosystémique on parvient à maintenir naturellement même des animaux sessiles non symbiotiques ! Le fait de surécumer et surfiltrer un récifal pour ensuite ajouter de la nourriture artificielle ( en poudre ) pour nourrir les invertébrés sessiles est un non sens écologique, tout comme d'ailleurs et pour la même raison le barre bottom. Si un animal est microphage suspensivore, y compris partiellement comme les coraux symbiotiques, l'aquariophile a pour devoir de reconstituer le milieu qui correspond à cet état biologique. L'eau d'un récifal écosystémique est aussi claire pour le spectateur lambda  que l'eau d'un récifal "usine à gaz". Mais, quand on y regarde de plus près, avec un regard d'aquariophile véritable, d'autant plus avec des outits de grossissement, on s'aperçoit que l'eau d'un récifal écosystémique est sainement chargée de micro-particules. Ce constat est encore plus frappant de nuit quand, comme sur un récif naturel, remonte la production planctonique de l'endofaune

Conclusion "éco-logique"

   Un aquarium récifal est par principe écologique composé de microphages suspensivores. C'est pas Aquamicrofaune qui le dit c'est l'observation scientifique d'une patate de récif dans la Nature. La connaissance scientifique dit aussi que cette même patate récifale baigne en permanence dans une soupe nutritive - qui est pourtant oligotrophe ( coraux durs ) ou mésotrophe ( tendance des milieux "à coraux mous" ). Ce qui fait que la qualité de l'eau se dégrade ( excès de no3 et po4 notamment ) n'est pas la quantité de nourriture disponible pour les microphages suspensivores mais un défaut dans le réseau trophique. S'il manque un maillon dans l'écosystème récifal ( absence de vraie microfaune ou pauvreté spécifique bactérienne ) il est bien évident que la soupe nutritive ne peut que "mal tourner". Dans ce cas que fait-on ? Et bien on surécume, on surfiltre et traite chimiquement les symptômes pour maintenir vivants coûte que coûte ( et Dieu sait que cela coûte cher ! ) les animaux hébergés. Au pire on les remplace régulièrement ( certains ne font qu'acheter des poissons et des coraux pour peupler éternellement le même bac ! ) Encore une fois faire ainsi ce n'est pas de l'aquariophilie !