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Kit de détritivores pour aquarium d'eau de mer récifal

Ma liste personnalisée de détritivores pour récifal 

 

    Si vous n'êtes pas encore des habitués du blog d'Aqua-microfaune il est probable que vous soyez un peu surpris que cet article ne traite pas des détritivores de façon commune. En général un kit de détritivores pour récifal, tel que proposé dans le commerce ou tel que débattu sur les forums aquariophiles, c'est grosso-modo cela :  

Des esgargots ( Tectus, Trochus, Astréa, Stronbus, Cerithium,  Astralium, Rhinoclavis, Nasarius ) Des crustacés décapodes, notamment les Bernard l'hermite ( calcinus, Clibanarius, trisopagurus ) et des Échinodermes ( Oursins, Ophiures, Archasters, Holothuries  ). 

La volonté d'éliminer les algues inférieures envahissant le bac pendant la période de démarrage d'un récifal étant souvent le facteur déclenchant l'achat de ces kits de détritivores, il est donc logique que ceux-ci soient composés essentiellement d'alguivores ; des alguivores qui soit dit en passant produisent énormément de déchets.  

Les "gros" vrais détritivores qui entrent dans la composition de ces kits ne peuvent constituer à eux seuls une chaîne complète de traitement des déchets. Or, ce processus implique la part de travail d'animaux mesurant jusqu'à moins d'un millimètre. À chaque maillon de la chaîne détritique on doit impérativement trouver des déposivores, qui récoltent les reste de nourriture sur le substrat, des sédimentivores qui consomment les sédiments organiques et des suspensivores, comme les esgargots tubicoles par exemple, qui capturent les déchets en suspension

Les détritivores manquant aux kits standards sont pour la plupart des mal-aimés, dont l'utilité est sous-estimée ou tout simplement ignorée. Pourtant, ces derniers représentent en aquarium une biomasse potentielle de détritivores plus importante que celle des animaux composant un kit de détritivores pour récifal ; d'autant plus si on ne compte pas dans la balance le poids des coquilles d'escargots ! 

Un détritivore est un animal qui s'alimente principalement de déchets organiques et/ou d'algues et/ou de bactéries mortes ou vives ; tous les animaux que je vais citer entrent dans cette catégorie. Chaque nom d'animal ( tiré de la nomenclature populaire récifaliste ) est un lien ancré qui renvoit vers "google images" et permet de voir immédiatement à quoi ressemble la "bestiole" en question. Il existe des dizaines ou des centaines de variantes spécifiques identifiables à partir du même nom généralisé ; à chacun d'affiner la recherche pour en savoir plus si nécessaire.

Les vers

Les Eurythoés et Néréides  

Ce sont les vers de ce genre que les récifalistes tendent à qualifier systématiquement de vers de feu. Le véritable vers de feu, celui qui occasionne des brûlures réellement douloureuses et potentiellement graves, s'appelle Hermodice carunculata ; il est très rare en aquarium et malheureusement souvent confondu ( allez savoir pourquoi ? ) avec l'inoffensif Eurythoe complanataqui de fait est injustement exterminé. On repproche parfois au vers de ce genre de manger des polypes de coraux ou la chair des bivalves mais je n'ai jamais constaté une seule fois cela dans mes aquariums. Je soupçonne que cela se produit dans les récifaux "aseptisés" où l'on veille à ce qu'aucun fragment de nourriture destiné aux poissons n'atteigne jamais le substrat. Les Amphinomidae en aquarium mesurent entre 5 et 35 cm environ. 

Les Linopherus 

Ces vers ressemblent beaucoup aux précédents cités mais à la différence de ces derniers, qui vivent aussi dans les roches, ils fréquentent exclusivement les lits de sable. Ils y creusent des tunnels et leur fonction détritivore peut être comparée à celle des lombrics dans la terre des jardins. Avec eux le problème d'excédent de sédiments organiques ne se pose plus et les bactéries dénitrifiantes sont bien nourries. En aquarium ils peuvent atteindre une trentaine de centimètres. 

Les Eunicidae 

Que les eunices fassent partie de ma liste de détritivores utiles peut faire sursauter plus d'un récifaliste non-avisé. La mauvaise réputation des eunices est injustement fondée à partir de la seule espèce véritablement nuisible en aquarium : L'Eunice aphroditois ou vers Bobbit. Il s'agit d'un eunice géant qui peut mesurer jusqu'à 3 mètres de long. En vérité, les chances d'héberger un tel monstre dans son récifal sont probablement aussi réduites que celles de décrocher le Jackpot à l'Euromillion ! Tous les autres eunices susceptibles de peupler un aquarium d'eau de mer, y compris l'Eunice torquata ( l'autre mal-aimé des récifalistes ) sont d'abord trop petits pour s'attaquer aux poissons, et ensuite, ils préfèreront, comme finalement 99 % des vers, se régaler des restes de nourritures destinés aux poissons et d'algues. Les eunices généralement présents en aquarium mesurent de 5 à 30 cms. 

Les nématodes libres 

Ces vers ronds et lisses, ressemblant à de minuscules vers de terreaux, composent plus de la moitié de la faune benthique ( sur le fond ). Les nématodes libres ne doivent pas être confondus avec les nématodes parasites qui se fixent à d'autres animaux.  Les nématodes libres passent leur temps à aspirer des particules organiques sédimentaires très fines. Ils complètent en quelque sorte le travail des plus gros vers. Avant de se précipiter sur les anthelminthiques ( fluvermal,  lévamisole, etc. ) dès que l'on entend le mot "nématode" il est judicieux de savoir précisément à qui l'on a affaire ! Les nématodes mesurent de 1 à 5 mm.

Les Phyllochaetopterus 

On devine la présence de ces vers aux paires de tentacules blanches qui dépassent des pierres ou du sable. Les Phyllochaetopterus ne mesurent que 5 mm environ mais leurs tentacules peuvent s'étendre jusqu'à 10 bons centimètres afin de balayer les surfaces et ramener à leurs bouches toutes les particules organiques qu'ils trouvent ; les plus gros n'hésitent pas à "capturer" de tout petits morceaux de poissons, de moules ou d'huître

Les Timarete filigera  

Connus sous le nom populaire de vers spaghettis, les Timarete filigera ressemblent un peu à des Phyllochaetopterus qui auraient des tentacules sur le dos. Malgré leur taille de 1 cm environ, ils sont difficiles à apercevoir, surtout quand ils occupent des infractuosités de roches. C'est quand ils sont dans le sable contre la vitre frontale de l'aquarium que l'on peut les observer longuement. 

Les sipinculides  

Appelés aussi "vers cacahuètes" ces vers ne vivent que dans le sable mais se nourrissent principalement à la surface du substrat. Les plus petites espèces ne dépassent pas 3,5 centimètres ; les plus grosses peuvent atteindre 25 dans un lit de sable très épais

Les Gastrotriches et les kinorhynches

Les Gastrotriches et les kinorhynches sont de minuscules vers de 0,1 mm à 4 mm de long que l'on peut apercevoir avec une loupe lorsqu'ils se déplacent entre les grains de sable. Ils ne laissent pas une miette de déchets

Les escargots suspensivores

Les escargots qui nous intéressent ici sont tous du genre Petaloconchus. Une dizaine d'espèces sont susceptibles de vivre dans nos aquariums d'eau de mer. Leur particularité est de vivre dans un tube, comme les vers tubicoles. On ne voit de ces escargots sessiles ( fixes ) que la tête et ses tentacules. La plupart envoient dans la colonne d'eau des sortes de filets qui s'accrochent au premier corail ou bout de roche. À l'instar d'une toile d'araignée, ces pièges retiennent les particules de matière organique et parfois même de gros morceaux d'algues, des artémias ou des fragments de moules ou autres. Régulièrement, l'escargot ramène ce filet jusqu'à sa bouche pour consommer les débris emprisonnés.  Les plus petites espèces ne font qu'un demi-millimètre, les plus grosse jusqu'à 5 cms. 

La microfaune- macrofaune proprement dite

Ostracodes, Amphipodes, Copépodes, Isopodes , et toutes les autres espèces que j'ai décrites ici . Nous en parlons assez sur ce blog pour ne rien avoir à ajouter en cet article  sur leur rôle dans la chaîne détritique d'une aquarium récifal 

Et les carnivores

Certains détritivores sont parfois qualifiés d'opportunistes, voire de carnivores et des récifalistes s'imaginent évidemment le pire. D'abord, le terme de "carnivore" est trompeur ; il désigne ici principalement les consommateurs de tissus et de chairs d'animaux morts ; cela occasionne d'injustes accusations de meurtres par des aquariophiles prenant en flagrant délit un vers dévorant un poisson ou un invertébré. Quant à la qualité "d'opportuniste" elle s'applique à des détritivores peu spécialisés et capables à la fois de se comporter en saprophages ( manger de la matière organique en décomposition ) en alguivores, en coprophages ( manger des matières fécales ) et en microphages ( manger des micro-organismes )... bref des supers-détritivores !  . 

Et les méchants

Des parasites et des indésirables peuvent-ils s'infiltrer au sein d'une usine vivante de traitement des déchets d'un aquarium ? Bien sûr que oui. Personnellement je suis tombé sur un crabe tout blanc ivoire ( inconnu ! ) qui découpé à la base consciencieusement les gros polypes de Palythoa ( exclusivement les Palythoa, allez savoir pourquoi ? ) pour les emporter dans son trou. Le problème n'était pas finalement qu'il s'en nourrissent car ces  Sphenopidae poussent très vite mais qu'il fasse continuellement des allers et retours pour les stocker !

Ce qui est certain c'est que plus on embauche "d'employés" plus le risque s'agrandit. Alors ne faut-il pas mieux se contenter des incomplets kits de détritivores pour récifal proposés en VPC ? On peut... Mais on ne doit plus parler alors d'écosystème. Dans la même logique, on devra aussi priver la faune de nos récifaux des nourritures vivantes et surgelés ( risque de Escherichia coli ) et d'introduire des pierres vivantes ou du sable vivant. Il faudrait encore, à défaut de pouvoir les stériliser à l'eau bouillante, tremper toutes les boutures de coraux dans une succession de solutions désinfectantes ( une seule n'est jamais assez efficace ), prolonger la quarantaine des poissons en ne les achetant jamais et ne jamais ajouter une goutte d'eau dans un bac peuplé sans l'avoir préalablement irradier avec des utraviolets. Sinon, il existe de faux "aquariums" avec des poissons et des coraux en plastique qui s'illuminent comme des sapins de Noël ! 

Si vous avez des questions :  aqua-microfaune@laposte.net 

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