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aquarium eau de mer

Qu'est-ce qu'un aquarium récifal en bonne santé ?

  • Par lbno
  • Le 02/01/2020

Qu'est-ce qu'un aquarium récifal en bonne santé ?

 

   Paramètres physiques ( décor, température, éclairage, brassage... ), paramètres chimiques ( notamment une oligotrophie raisonnée ) et bien entendu respect des besoins biologiques des coraux, poissons coralliens et autres êtres vivants hébergés sont des facteurs déterminants dans la bonne maintenance d'un bac récifal. L'ensemble de ses facteurs de réussite d'un aquarium récifal repose entièrement sur l'état sanitaire de l'écosystème. Autrement dit si l'écosystème n'est pas en bonne santé, les efforts accordés par l'aquariophile à la gestion des facteurs "maintenance", "contrôle" ou "entretien" de son bac sont comme des pansements sur un organe gangréné. Savoir ce qu'est un aquarium récifal en bonne santé s'impose comme une donnée basique de la connaissance aquariophile d'un récifaliste. 

De l'écosystème récifal longuement malade à l'agonie définitive

   Tout comme les coraux ou les poissons l'écosystème d'un bac récifal peut tomber malade. Et tout comme le vivant un écosystème très gravement malade va finir par mourrir. C'est ce que nous appelons "crash" dans notre jargon récifaliste. Le crash n'est autre que l'effondrement de la structure dynamique et fonctionnelle "écosystème" sur elle-même. L'écosystème d'un aquarium récifal peut "tourner" bancalement pendant des mois ( excès ou manque de certains éléments, développement incontrôlable d'algues, de cyanobactéries ou de microbes pathogène )... Et un jour, comme une goutte d'eau qui fait déborder le vase, une perturbation quelconque ( ajout ou mort d'un poisson, nécrose rapide d'un corail, mue massive d'un gros corail cuir, distribution de nourriture excessive, panne matérielle, etc ), va entraîner l'écosystème malade dans une spirale de dégradation létale extrêmement rapide et quasiment irréversible. Même les changements d'eau massifs si souvent salutaires en cas de gros pépins ne parviendront pas à sauver l'écosystème agonisant. Il suffit parfois de quelques heures seulement pour que la totalité d'un bac récifal se transforme en horrible mouroir !

L'agonie bio-géo-chimique du récifal malade

  Qu'elle que soit la cause initiale qui va déclencher le processus d'agonie de l'écosystème d'un bac récifal peut se résumer à un déraillement critique des cycles bio-géo-chimiques que sont principalement en aquarium ceux de l'azote, du carbone, des phosphates, de l'hydrogène et de l'oxygène. Certains métaux ou toxiques chimiques peuvent affecter pathologiquement ou tuer le vivant d'un récifal mais seul un grave dysfonctionnement des cycles bio-géo-chimiques cités peut tuer globalement l'écosystème d'un aquarium récifal, c'est à dire rompre les liaisons vitales cohérentes qui l'animent. Chaque composant chimique circulant à travers le corps "écosystème récifal" doit pouvoir passer par tous les états assurant sa viabilité. Ainsi, par exemple, l'azote doit passer sans "accroc" par les phases nitritation, nitratation et dénitrification. On sait aujourd'hui qu'aucun équipement technologique, aussi perfectionné soit-il ne peut affranchir un aquarium récifal de ses cycles bio-géo-chimiques naturels.

L'aquarium récifal sous maintenance vitale artificielle 

   On a cru, et certains croient encore, que l'esthétisme général d'un bac récifal suffisait à exprimer l'état de santé de son écosystème. Ainsi beaucoup de débutants pensaient que l'écumeur surpuissant équipant leur nouveau bac allait leur garantir un bel aquarium à l'abri des affres de l'eutrophisation. On leur a expliqué qu'il suffisait de retirer "mécaniquement" un maximum de déchets avant qu'ils n'entrent sur la chaîne détritique biologique pour que tout se passe bien. Or, on constate que les excès de nutriments n'épargnent ni les bacs écumés ni ceux qui ne le sont pas. Même des bacs Jaubert ou DSB, dont le lit de sable épais devrait garantir une dénitrification optimale et une neutralisation des phosphates peuvent dysfonctionner. Pourquoi ? Parce que ni les filtres "à particules" ni les écumeurs, ni les DSB, ne peuvent à eux seuls traiter la cause majeure à l'origine de la maladie d'un écosystème. Un aquarium récifal peut être très beau et en mauvaise santé ! Un écosystème en mauvaise santé est toujours un écosystème dont la chaîne détritique naturelle est déficiente. Sur cette chaîne détritique il doit impérativement y avoir des macro-détritivores ( macrofaune ), des micro-détritivores ( microfaune ) et des décomposeurs ( les bactéries essentiellement en récifal ).

L'aquarium récifal en bonne santé c'est...

   Un aquarium récifal en bonne santé c'est un écosystème reposant vitalement sur une chaîne détritique complète où chaque agent biologique est à son poste ! Depuis bien longtemps les récifalistes accordent de l'importance au macro-détritivores et aux bactéries. En revanche il a fallu qu'Aquamicrofaune entretienne ardemment ce blog pédagogique pour que la microfaune soit enfin considérée comme indispensable sur la chaîne détritique d'un bac récifal. La véritable microfaune faisait jusqu'à présent défaut dans la méthodologie récifaliste "moderne". En préconisant l'usage de l'écumeur les concepteurs de la méthode berlinoise n'avaient pas prévus que les pierres vivantes, importées dans de mauvaises conditions ( long transport des pierres hors de l'eau ), seraient un jour presque inopérantes au niveau de l'ensemencement en microfaune. Seuls les animaux de l'estran ( crabes et vers surtout ) habitués au balancement des marées peuvent supporter ces conditions de relative sécheresse mais certainement pas la microfaune ! À la force de faire rentrer des pierres de moins en moins "micro-vivantes" dans le circuit commerciale ce sont finalement les bacs des détaillants qui ont fini par s'appauvrir en microfaune et donc les pierres dites "vivantes" qui y trempent ! 

Conclusion

 On a eu beau augmenter sans arrêt la puissance des écumeurs, multiplier les techniques de filtration et optimiser la qualité de leurs masses filtrantes rien ni à fait... Jamais nous n'avons trouvé le moyen de nous passer de microfaune dans un récifal. Aujourd'hui, au regard des connaissances écologiques on peut affirmer objectivement et rationnellement qu'un aquarium récifal sain est un aquarium récifal qui héberge une population de microfaune riche quantitativement et qualitativement ! Et dire que les récifalistes qui avons connu les vraies pierres vivantes pleine de microfaune, donc les plus de 25 ans, n'étions même pas conscient de l'importance de cette dernière pour la santé de l'écosystème. Mais à l'époque nous avions d'autres problèmes de maintenance qui ne sont plus d'actualité fort heureusement !