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Les déchets mal dégradés en récifal, un gros problème !

  • Par lbno
  • Le 12/04/2019

Les déchets mal dégradés en récifal, un gros problème

 

  On qualifie de déchet ce qu'il reste de "quelque chose" ( processus, substance, matériau ) après utilisation de ce qui en lui était profitable. De manière générale la première source régulière de production de déchets dans un aquarium d'eau de mer est de loin la nourriture distribuée au poissons. On peut donc ici définir particulièrement le terme "déchet" comme ce qu'il reste de la nourriture après que les poissons en aient profité. 

   Seulement 10 % environ de ce que va avaler un poisson va être utilisé véritablement pour la construction de ses tissus corporels. Tout le reste de nourriture qui a été distribuée, soit 90 %, sera rejeté dans la colonne d'eau sous forme de co2 ( respiration ), d'ammoniac et de phosphates ( urines notamment ) et surtout, à travers les excréments, sous forme de particules organiques non-digérées .

- Le premier type de déchet, le gaz carbonique, est traité par un moyen dynamique ( brassage, aération ) et un moyen bioénergétique ( photosynthèse par les végétaux ).  

- Le second type de déchets ( ammoniac et phosphates ) se présente sous forme hautement soluble ( urée ) et est donc directement assimilable par les bactéries.

- Le troisième type de déchet, les fèces ou "caca", de part sa nature particulaire grossière, nécessite en revanche pour son traitement optimal l'intervention des macro-détritivores ( crevettes, ophiures, nassarius, gammares, etc ) et de micro-détritivores ( la microfaune ). Ce n'est qu'après avoir été digéré et donc réduit en déchets quasiment dissous que les décomposeurs ( les bactéries ) vont pouvoir "travailler" ( immobilisation et minéralisation de la matière organique ) dans de bonnes conditions écologiques. 

   Il faut bien comprendre que la règle des "10 % utile et 90 % déchets" s'applique à toutes les étages de dégradation de la matière organique et qu'un aliment passe successivement par les tubes digestifs de plein d'organismes différents avant d'être finalement immobilisé ou minéralisé par les bactéries. 

   Dans de trop nombreux aquariums récifaux encore la microfaune est absente et les déchets du troisième type sont par conséquent transmis directement par la macrofaune aux bactéries sous forme de particules bien trop grosses. Ce sont ces particules organiques qui vont s'accumuler dans certaines zones d'un récifal, dans les spores des pierres, entre les grains d'un sable décoratif et engendrer une hausse des taux de no3 et po4 notamment et une prolifération de cyanobactéries ou d'algues filamenteuses.

   À moins de conserver des poissons dans des bacs nus, comme ceux de vente ou de quarantaine, il est impossible de retenir et d'extraire mécaniquement ( filtration et écumage ) la totalité des déchets produits dans un aquarium d'eau de mer récifal. On a pu constater ces dernières années, à l'augmentation fulgurante des problèmes de maintenance, que même le surécumage et la surfiltration associés au barre-bottom ( pas de sable dans le bac ) et un siphonnage régulier des sédiments ne parviennent pas à combler une déficience en microfaune dans un écosystème. Peut-être que cet article aura contribué à mieux comprendre pourquoi. 

 

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