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L'aquarium récifal écosystémique, pourquoi, comment ?

  • Par lbno
  • Le 19/02/2019

L'aquarium récifal écosystémique, pourquoi, comment

   L'aquarium récifal écosystémique fonctionne parfaitement et surtout infiniment mieux qu'un bac "usine à gaz", c'est maintenant un fait admis empiriquement, vérifié par la pratique de centaines d'aquariophiles marins. On peut dire que la première partie de la mission pédagogique d'Aquamicrofaune aura été de promouvoir la méthode écosystémique, qui est finalement bien moins une méthode au sens propre du terme qu'une démarche, l'application pur et simple du Principe aquariophile. Ainsi toutes les méthodes de maintenance d'un aquarium d'eau de mer connues et qui ont fait leur preuves ( berlinoise, Jaubert, DSB... ) peuvent être exploitées pour réaliser un récifal écosystémique. Cette fois c'est par l'aspect plus théorique que nous allons traiter de la méthode écosystémique. 

Rappel : La méthode écosystémique, le principe idéologique

   Rappelons-le, le Principe de l'aquariophilie écosystémique, qui est en vérité le concept même de l'aquariophilie, la raison pour laquelle elle fut inventée, est de reproduire le plus fidèlement possible en captivité le fonctionnement d'écosystèmes aquatiques naturels, notamment au niveau de sa dynamique auto-épuratrice.Tout ce qui a pour objectif de court-circuiter le fonctionnement biologique de l'écosystème ( sur-écumage, surfiltrage, produits chimiques, etc ) nous éloigne évidemment de la démarche écosystémique. Il ne faut pas confondre cette démarche avec le low tech qui lui vise résolument l'élimination du système de tous moyens technologiques, y compris l'éclairage artificiel et le chauffage. Si le low tech est applicable dans certain cas en eau douce il est en revanche inapplicable en récifal. La méthode écosystémique développée par Aquamicrorfaune n'est pas l'expression d'un militantisme antimatérialiste mais d'une volonté de renouer avec la pratique aquariophile authentique, son but et sa raison d'être originaux

De l'écocomplexe océanique à l'aquarium récifal 

   L'une de préoccupation principale de l'aquariophile d'eau de mer est de prévenir l'accumulation des déchets organiques dans son bac. Résultat de la dégradation des êtres vivants et produits finaux de leur dynamique métabolique les déchets organiques ne peuvent logiquement que s'accumuler, d'autant plus dans un aquarium surpeuplé en gros pollueurs comme les poissons. Les récifs coralliens sont réputés pour leur densité piscicole exceptionnelle et une énorme quantité de déchets est logiquement produite par eux seuls. Pourquoi donc leurs déchets, ajoutés aux autres, ne s'accumulent-ils pas au sein de ce méga-écosystème ? La première réponse que le non écologue proposera est celle expliquant la dilution des déchets à travers l'énorme masse pélagique océanique qui entourent un récif. Il n'aura pas tout à fait tord car effectivement l'écosystème récifal, comme tous les écosystèmes naturels, est constituant d'un ensemble plus vaste ( un écocomplexe  ). Seulement, dans la nature, la matière organique n'est pas "diluée" ou déplacée en l'état au-delà de l'écosystème "récif" mais véhiculée à travers la constitution et le métabolisme des grands prédateurs pélagiques et de producteurs primaires, comme le phytoplancton. Il faut donc bien comprendre que les déchets sortent de l'écosystème récifal naturel via la chaîne trophique, donc de manière "utile" si l'on  peut dire. On peut tout de suite en déduire qu'extraire, par écumage et filtration mécanique, la potentialité "déchets" avant qu'elle ne rentre dans le système de traitement biologique du bac va à l'encontre du principe écologique telle que nous le montre la nature...

Participation raisonnée de l'aquariophile à l'écologie d'un bac récifal 

   Si l'on s'en tient au principe d'extraction naturel des déchets de l'écosystème tel que nous venons de le décrire, nous, aquariophiles rationnels ( et oui, naturalistes n'est pas synonyme d'illuminés ! ) sommes obligés de considérer que l'espace océanique pélagique, ses grands prédateurs et sa production massive ( blooms saisonniers par exemple ) de phytoplancton n'existent pas dans notre système "aquarium". Il nous faut donc palier à ce défaut écologique en exportant une partie des déchets avec l'eau des changements d'eau. On pourrait là aussi penser que tout comme l'écumage et la filtration mécanique ce procédé n'est pas conforme au processus trophique naturel. Il y a pourtant une différence notable entre l'extraction des déchets potentiels avant leur entrée participative dans l'écosystème et l'élimination de leur production excessive en fin de chaîne trophique. Dans le premier car ( écumage, filtrage mécanique ) on prive l'écosystème de son carburant essentiel, dans le second ( changement d'eau ) on le purifie de ces scories ! Rappelons aussi que la méthode écosystémique ne s'oppose pas radicalement à l'emploi d'écumeur et de filtre mécanique. Même si la densité de poissons est énorme sur un récif corallien la biomasse dans nos bacs est en comparaison effrayante ! Dans la plupart des cas les déchets résultant de cette biomasse excessive dépassent la capacité autoépuratrice naturelle de l'écosystème "aquarium" et l'écumage et/ou la filtration mécanique sont alors utiles... Mais alors comme auxiliaires et non comme antagonistes à la chaîne trophique ! 

Des aquariums récifaux auto-épurateurs ultraperformants 

   La principale source d'accumulation de matière organique dans un aquarium récifal provient du processus de dégradation bactérienne. Les bactéries, quand elles composent une population de qualité ( variété spécifique ) neutralisent la matière organique en "phase terminale" soit en la minéralisant ( production de no3, de po4 par exemple )  soit en la gaséfiant ( production de N2 ou diazote par exemple ) soit en l'immobilisant pour leur propre constitution entitaire ( pour "faire" leur propore "corps" ). Dans un aquarium récifal écologiquement équilibré ( écosystémique ) les déchets sont recyclés presque aussi vite qu'ils sont produits. On l'a dit plus haut, le surpopulation de nos bacs récifaux ornementaux implique un minimum d'entretien par l'aquariophile ( changements d'eau, léger écumage et/ou filtration ). Cela dit, je peux témoigner par ma propre expérience que des aquariums récifaux ayant un lit de sable épais ( DSB ), même fortement peuplé en poissons, peuvent se passer de moyens mécaniques d'épuration et nécessiter seulement des petits changements d'eau surtout destinées à réintroduire dans l'écosystème, grâce à un sel enrichi, les micro et macro éléments consommés. Faut-il préciser que ces bacs écosystémiques ultra-performants en matière d'autoépuration sont riches d'une population biodiversifiée de microfaune ( épifaune et endodaune ).  

 

 

 

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