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Macro-détritivores et micro-détritivores en récifal 

  • Par lbno
  • Le 25/05/2019

Macro-détritivores et micro-détritivores en récifal 

 

   Quand on pense "détritivores" en aquariophilie récifale on pense généralement immédiatement aux escargots, aux crevettes, aux concombres de mer, aux crabes, aux Bernards L'ermite, aux oursins, aux étoiles de mer, aux gammares, aux gros vers polychètes... De même, quand on pense recyclage des déchets organiques ( Cycles bio-géo-chimiques, comme celui de l'azote ) on pense directement aux organismes décomposeurs en bout de chaîne d'épuration, notamment les bactéries. Détritivores et décomposeurs sont en effet deux catégories d'agents biologiques intervenant dans nos aquariums pour traiter et recycler les déchets. Seulement, si l'on réfléchit un instant en écologue, on peut imaginer aisément la différence de taille entre un déchet appréhendé par une crevette ou même un petit gammare et un déchet appréhendé par des bactéries, quand bien même ces dernières sont des myriades ! On devine donc qu'il peut manquer un "pont" fonctionnel détritif entre les macro détritivores et les bactéries décomposeurs. 

Les macro-détritivores font leur travail dans nos bacs

   Les macro-détritivores, soit par action mécanique de leurs pattes, pinces et mandibules, soit par digestion ( production de matière fécale ) fragmentent  la matière organique particulaire, autrement dit les "gros" déchets. Non seulement les macro-détritivores réduisent la taille des déchets particulaires mais ils contribuent aussi à les éparpiller horizontalement et verticalement dans le bac. Par exemple une crevette va disperser des sédiments organiques horizontalement tandis qu'un gros ver fouisseur va contribuer à les disperser verticalement dans le sable. Les gammares, entre autres animaux de la macrofaune, peuvent faire pénétrer relativement profondément des détritus à travers les failles d'une pierre vivante.  Il est bien évident que plus la population de macro-détritivores est diversifiée en espèces mieux les déchets particulaires sont répartis sur et dans les différents substrats dans l'aquarium  ( pierres, sable ) et divisés en morceaux de différentes tailles, facilitant ainsi leur prise en charge par une population d'organismes plus petits...

UN PROBLÈME DE TAILLE

   Dans l'esprit de nombreux récifalistes les organismes plus petits entrant en oeuvre dans le traitement des déchets après les détritivores cités plus haut sont les bactéries, autrement dit les décomposeurs. Or, les particules de détritus organiques déposées par les macro-détritivores sont ni plus ni moins pour les bactéries ce que sont les armoires normandes en chêne massif pour des déménageurs ! Il manque ici une étape dans le processus de dégradation des matières organiques. Et c'est au cours de cette étape intermédiaire entre les macro-détritivores et les décomposeurs que les micro-détritivores doivent écologiquement faire leur propre travail. Ces derniers, connus sous le nom de microfaune, ont beau être par définition de taille microscopiques ils n'en sont pas moins des supers géants par rapport aux bactéries, et ils sont de ce fait naturellement adaptés aux traitements des sédiments transmis par les macro-détritivores ! 

Les micro-détritivores doivent faire leur travail dans nos bacs !

   Les micro-détritivores interviennent donc sur la chaîne de traitement des déchets entre les macro-détritivores et les infiniment petits décomposeurs. La microfaune joue exactement le même rôle de dispersion spatiale et de réduction volumétrique des déchets que les macro-détritivores mais à une autre étape écosystémique. Il est alors évident que sans microfaune pour faire un pont bio-fonctionnel entre les macro-détritivores et les décomposeurs les sédiments ne peuvent que s'accumuler dans les substrats ( pierres et sable ). La dégradation trop lente des ces sédiments organiques conduit tôt ou tard à des problèmes de déséquilibre des cycles biogéochimiques.

Le siphonnage des sédiments n'est pas la panacée en récifal

   Le siphonnage des sédiments est un moyen mécanique de palier à une déficience de la microfaune sur et dans les substrats. Si cette tâche d'entretien est certes efficace pour extraire l'excès sédimentaire elle n'en est pas moins écologiquement contre-productive puisqu'elle rompt la continuité trophique ( échange au sein du réseau alimentaire ) et prive donc les bactéries de leur "carburant" naturel, d'où la nécessité de parfois devoir booster la population bactérienne avec des produits alloctonnes. Quand le siphonnage des sédiments devient indipensable il faut en parralèle de son application s'interroger sur la cause d'une accumulation sédimentaire. 

Les micro-détritivores dans nos bacs c'est la microfaune benthique 

   La population de micro-organismes détritivores qui nous intéressent tout particulièrement en aquariophilie récifale est bien entendu la microfaune qu'Aquamicorfaune produit spécialement et distribue aux récifalistes. Il s'agit spécifiquement de microfaune benthique, c'est-à-dire d'animaux vivant à la surface d'un substrat ( épibenthiques ) ou dans les interstices de sa couche supérieure ( entre les grains de sable ou à travers le périphyton d'une pierre vivante ). Cette microfaune benthique ( ou microzoobenthos ) que l'on devrait nommer plus précisément méiofaune, ne doit plus être confondue avec la microfaune pélagique, comme par exemple les copépodes vendus nageant en pleine eau dans des flacons ou sachets. Cette microfaune nageuse, y compris quand elle est destinée aux refuges, est intéressante du point de vue alimentaire ( nourriture vivante ) mais, puisqu'elle se nourrit essentiellement de phytoplancton, elle n'a quasiment aucun intérêt en tant que micro-détritivores devant oeuvrer sur et dans les substrats, là où se déposent les sédiments organiques

 

 

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