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Écumeur, pas écumeur en récifal, c'est la question !

  • Par lbno
  • Le 27/09/2018

   Écumeur, pas écumeur en récifal, c'est la question !

 

Ecume

 

   Il n'y a pas une journée où l'écumeur n'est en question dans mon activité d'aquariologue-conseil. L'écumeur est-il indispensable dans un aquarium récifal ? Telle est la question. Immédiatement, l'écologue et le naturaliste que je suis répondra NON à ce questionnement. D'abord, ma longue expérience personnelle, conjuguée à celles de récifalistes-scientifiques internationalement connus, m'ont largement prouvé qu'un récifal skimmerless, comme disent les américains,  fonctionne tout aussi bien, voire infiniment mieux, "aquariologiquement" parlant, que le plus high tech des récifaux

Quand l'écumeur est-il indispensable dans un récifal ? 

   L'écumeur n'est finalement nécessaire que si l'aquarium est écologiquement déséquilibré, ce qui est le cas de la très grande majorité des bacs "usines à gaz" à la mode ces dernières années. Il ne faut jamais perdre de vue que l'écumeur est à l'origine un outil aquariophile conçu pour faciliter un peu le travail des agents épurateurs biologique dans un récifal géré avec la méthode berlinoise. Le concept pratique, vulgairement résumé, est de retirer une partie de la matière organique avant que cette dernière n'entre dans la chaîne de traitement biologique. Une partie... oui pourquoi pas, si cela peut aider l'écosystème... Seulement, au fur et à mesure de l'évolution technologique des écumeurs, la partie de matière organique ainsi extraite du bac n'a cessé d'augmenter, au point d'en arriver à un écumage capable de quasiment priver l'écosystème de la totalité de son carburant détritif et par conséquent réduire la population micro-biologique aux seules bactéries ( souvent, qui plus est, elle-même réduite à une population artificiellement boostée pauvre en diversité spécifique ! ). Ce phénomène de dénaturation des aquariums d'eau de mer s'est aussi produit en aquariophilie d'eau douce depuis les années 2000 ; là, ce sont des filtres mécaniques de plus en plus performants qui ont conduit à négliger les vraies plantes. Ecumeur en récifal ou filtre mécanique en eau douce ont exactement la même fonction finale réductrice : privilégier la technologie pour ne plus se soucier de l'écologie.  

Le mauvais exemple des aquariums publics

    Moins un aquariophile récifaliste s'intéresse à l'écologie de son ou ses bacs plus il doit compenser son ignorance par du matériel d'épuration high tech !  Il s'agit là d'un constat théoriquement logique que j'ai pu aussi vérifier sur le terrain, dans les faits. Prenons par exemple les aquariums publics les plus modernes. Ces derniers présentent des contenants avec des animaux et végétaux marins plutôt que d'authentiques aquariums, comme on peut encore en voir au Musée océanographique de Monaco. Pour ces nouveaux aquariums publics, disons plutôt ces parcs zoologiques aquatiques indoors, le gigantisme, la collectionnite faunistique et le bling-bling zoologique, sont des priorités commerciales qui exigent des systèmes de maintenance hyper-technologiques, notamment en ce qui concerne le traitement des déchets. Cela ne veut pas dire pour autant que l'écologie marine est négligée sur le plan pédagogique. Seulement, elle est bien plus présente virtuellement sur des supports médias que sous forme vivante dans des aquariums emplis d'eau stérile ( traitement aux UV systématique ). Il ne s'agit plus là dans ce cadre précis d'aquariophilie mais de gestion de salles de spectacles présentant des animaux. Cela n'empêche pas les aquariologues et soigneurs œuvrant dans ce milieu d'être par ailleurs d'authentiques aquariophiles !  

La puissance de l'écumeur est proportionnelle au défaut écologique

Tout cela pour dire que l'écumeur et la filtration mécanique n'ont de raison d'être sur-puissants que dans le cas de bacs plus destinés à épater la galerie qu'à être de véritables aquariums. Les bacs des aquariums publics de nouvelle génération et ceux des récifalistes "usine à gaz" ont en commun l'absence de micro-détritivores ( microfaune ) et la pauvreté microbienne ( décomposeurs ; bactéries notamment ). C'est précisément ces défauts écologiques que tendent à combler les écumeurs en récifal.  Le surécumage, bien souvent associé à une surfiltration mécanique, ont conduit à élever une génération de récifalistes ( les victimes en masse ont aujourd'hui entre 30 et 45 ans environ ) à tel point coupés des considération écologiques en aquarium qu'ils ne savent même plus distinguer les "gros" podes ( Arthropodes ), qu'ils voient "courir" dans leurs refuges, de la microfaune absente qui devrait être écologiquement à son poste sur la chaîne de traitement des déchets ! Autrement dit ils n'ont même pas la connaissance basique nécessaire pour constater un défaut écologique dans leurs propres bacs ! 

Conclusion ( écumeur ou pas écumeur en récifal ?

   Alors, disons que plus l'écumage ( et/ou le filtration mécanique ) est puissant, relativement à un bac d'un volume donné, plus l'aquarium est en échec, et ce indépendamment de la bonne ou mauvaise maintenance de ses macro-habitants, vertébrés ou non ! L'écumeur peut finalement être indispensable comme absolument inutile selon la qualité aquariophile des récifaux et des récifalistes qui les gèrent !  Ajoutons que si l'écumeur n'a aucune raison d'être en méthode DSB pure ou en méthode Jaubert, il est bien souvent utile et non écologiquement scandaleux de compléter un peu le travail des pierres vivantes par un petit écumeur, d'autant plus dans un berlinois en  barre-bottom ou avec seulement 1 ou 2 centimètres de sable décoratif, ce qui revient quasiment au même sur le plan physico-chimique et biologique. 

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