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Le sable vivant, le véritable rein de l'aquarium récifal

  • Par lbno
  • Le 04/02/2019

   Le sable vivant, le véritable "rein" de l'aquarium récifal 

   Le sable est le substrat fondamental de l'aquarium récifal. Abritant plusieurs milliers d'espèces de micro-organismes détritivores, notamment des protozoaires et des nématodes, le sable vivant est l'unité principale de recyclage de la matière organique. Une des erreurs les plus grossière de l'aquariophilie récifale a été le système bare bottom ( fond nu ), c'est-à-dire la suppression pur et simple du sable dans un bac d'eau de mer. Priver un écosystème de son lit de sable vivant c'est comme amputer un être humain de ses reins. Vu ainsi le sur-écumage est à la purification de l'eau d'un aquarium ce que le matériel médical d'hémodialyse est à la purification du sang.   

   La seconde erreur tout aussi grossière que la première commise par l'aquariophilie marine a été d'accorder bien trop d'importance à la macrofaune, surtout caractérisée en récifal par les crustacés isopodes. Longtemps et aujourd'hui encore les récifalistes ont cru que la présence de macrofaune visible à l'oeil nu, comme les gammares ou les copépodes par exemple, était un critère d'appréciation de la biodiversité biologique de leurs écosystèmes. Or, il faut savoir que la biomasse des détritivores dans un écosystème équilibré est à 70 % constituée de micro-organismes invisibles à l'oeil nu. Ces micro-organismes ( la vraie microfaune au sens scientifique ) constituent le dernier maillon de la chaîne de traitement des déchets organiques avant les bactéries.

   Sans la microfaune les particules détritives passent directement de la macrofaune aux bactéries, autrement dit elles sont beaucoup trop grosses pour être assimilées en l'état par les bactéries. Ces dernières vont donc devoir s'installer sur ces particules géantes et mettre un temps considérable à les traiter. Seule la microfaune peut "prétraiter" correctement les particules organiques détritives pour les transmettre aux bactéries sous une forme quasiment assimilable. Or, en milieu aquatique l'essentiel de la microfaune se trouve dans le sable, tout comme elle se trouve dans le sol en milieu terrestre. Ne pas mettre de sable dans un aquarium récifal c'est donc délibérément décider de se passer des niches écologiques "microfaune". Qu'il est étrange du point de vue de la connaissance en écologie aquariophile moderne de négliger le moyen d'épuration le plus performant, la microfaune ! On doit ici plutôt d'endofaune puisque nous traitons de sable vivant. 

   Quand nous parlons ici de sable vivant nous ne pensons bien évidemment pas au sable dit vivant vendu en sachet. Il est bien évident qu'à part quelques bactéries enkystées, ce sable légèrement humide stockés comme du sable inerte ne contient pas la moindre trace d'endofaune micro-détritivore. Le sable vivant est... vivant. Par conséquent il doit être transporté le plus rapidement possible du producteur jusqu'à l'aquarium de destination à ensemencer. Compte tenu de l'importante biomasse de micro-organismes dans une poignée de sable comme dans une poignée de terre un seul seau de sable vivant tel que proposé par Aquamicrofaune peut théoriquement permettre l'ensemencement d'un volume infini de sable inerte. En vérité il s'agit surtout d'une question de temps écologique. Logiquement, plus on ajoute de seaux de sable proportionnellement au volume de sable inerte à ensemencer plus vite l'ensemble du sable sera effectivement vivant

  Si la prédation est généralement très forte sur l'épifaune ( microfaune sur les roches ou à la surface du sable ) elle est relativement faible dans le sable. Par définition l'endofaune est enfouie et elle est surtout prédatée par les vers polychètes. Bien entendu la pression prédatrice deviendra plus intensive au fur et à mesure que l'on ajoute dans le bac des animaux filtreurs de sable ( poissons et échinodermes ). Tout aussi logiquement, pour une question d'accessibilité aux proies, la prédation sera plus forte dans un lit de sable décoratif de 5 cm que dans un lit de sable épais de 12 cm. 

   Il n'y a pas que les vrais lits de sable épais ( DSB ) qui doivent être vivant ! Bien souvent les récifalistes ne pouvant pas se résigner au bare bottom ( fond nu ) pour une raison esthétique choisissent d'étaler une petite couche de sable de moins de 3 cm. Dans ce cas il faut mieux encore se passer totalement de sable, à moins d'accorder à son entretien beaucoup de temps pour le siphonner. Un lit de sable d'une si faible épaisseur ne peut constituer des niches écologiques pour l'endofaune détritrivore. Les seuls micro-détritivores qui peuvent le coloniser sont des espèces constituant l'épifaune ( vit en surface du sable ). Ces dernières ne peuvent traiter à elles seules le sédiments organiques et de toute façon le siphonnage justement nécessaire à l'extraction de sédiments non traités est fatal à leur implantation durable  ( taux d'extraction > taux de production ). C'est ce type de lit de sable décoratif qui a donné naissance à l'idée de sable nid à merde en récifal et lancé la mode du bare bottom.

   Si vous voulez un sable uniquement décoratif, donc sans vouloir profiter de la fonctionnalité bio-chimique d'un DSB, alors optez pour un lit de sable de 4 ou 5 cm. Cette épaisseur suffit au moins à rendre ce sable vivant et donc à assurer au moins le traitement partiel des sédiments organiques. Un léger siphonnage en surface suffira à son entretien tout en préservant l'endofaune vivant plus en profondeur. 

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Seau de sable vivant Aquamicrofaune

 

 

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