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Cyanobactéries en récifal, prévenir pour ne plus devoir guérir

  • Par lbno
  • Le 26/06/2019

Cyanobactéries en récifal, prévenir pour ne plus devoir guérir

 

 

   Si plusieurs facteurs bio-géo-chimiques peuvent provoquer un développement de cyanobactéries dans un aquarium récifal nous savons néanmoins que ces « algues-bactéries » sont écologiquement en concurrence avec les micro-organismes détritivores ( la microfaune ) et décomposeurs ( les bactéries ). Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que les aquariums d’eau de mer hébergeant une riche population de microfaune et bactéries sont beaucoup moins touchés par les problèmes d’envahissement des substrats par les cyanobactéries. 

 

Les Po4 et les No3, non limitants pour les cyanobactéries

 

   Quand on sait que les cyanobactéries sont capables de coloniser un bac « propre » ( pas d’excès de phosphates ni de nitrates ) on doit donc savoir qu’un très bon écumeur ou tout autre système d’extraction ou de piégeage des matières organiques du bac avant leur introduction dans les cycles bio-géo-chimiques ne préservent en rien de l’apparition des cyanobactéries dans un aquarium récifal. Bien que les phosphates soient un facteur limitant pour le développement des cyanobactéries et de leurs cousines les algues il y en a toujours assez dans un aquarium pour s’additionner comme nutriments aux nitrates. D’autant plus que les cyanobactéries disposent d’un pouvoir exceptionnel, celui de pouvoir, en l’absence ou insuffisance de No3, de prélever les N2, autrement dit d’azote sous sa forme gazeuse dissoute dans l’eau. Les N2 sont produits à la fin du cycle de l’azote ( dénitrification ) par les bactéries anaérobies qui vivent dans les zones anoxiques ( faibles en oxygène ) au plus profond de nos pierres vivantes et de nos lits de sable épais. Aussi paradoxal celui puisse être, c’est précisément sur les substrats ( pierres et DSB ) qui nous sont utiles pour assurer le traitement final des nitrates ( leur transformation en gaz ) que les cyanobactéries trouvent leur niche écologique la plus favorable en aquarium.

 

Cyanobactéries sur les substrats, une affaire de concurrence 

 

   Avec leur biofilm, la substance visqueuse que nous nous efforçons de siphonner pour les affaiblir tant que possible, les cyanobactéries disposent d’un piège à nutriments particulièrement performant. Ainsi, phosphates, azotes gazeux et autres substances nourrissantes sont absorbés directement à la source ! Heureusement, ces mêmes substrats constituent aussi l’habitat de nombreux micro-organismes bien plus désirables dans nos bacs récifaux que les « cyano ». La microfaune et les bactéries, avec les micro-algues et quelques autres organismes forment sur la roche et les grains de sable une sorte de « couche » biologique qui porte le nom de périphyton. Les cyanobactéries, même quand elles ne sont pas visibles dans nos aquariums, donc quand elles ne sont pas considérées comme un problème, composent en partie ce périphyton bénéfique à l'écoystème de l'aquarium. Les « cyanos » deviennent finalement un problème quand elles s’accaparent le monopole territorial et les ressources nutritifs d’un habitat. Il y a donc effectivement dans la problématique de la gestion des cyanobactéries un facteur concurrentiel.

 

Les cyanobactéries, premières et dernières dans nos récifaux

 

 

   En s’assurant que nos aquariums d’eau de mer soient toujours bien pourvus en biodiversité micro-organique nous maintenons un équilibre écologique dans nos bacs au sein duquel les cyanobactéries sont présentes ( elles le sont toujours dans un aquarium sain ! ) sans que leur existence ne soit problématique, ni esthétiquement, car elles sont alors invisibles à l’oeil nu (absence de biofilm exclusif ), ni écologiquement, car elles s’intègrent naturellement dans un ensemble fonctionnel où elles ont des « rôles à jouer » ( cycle du carbone, de l’oxygène, élément alimentaire phytoplanctonique, etc )... Les "cyanos" contribuent, avec les algues inférieures, à la période de "rodage" d'un aquarium marin dès son démarrage et, à moins de traiter chimiquement le bac dès sa mise en eau, ce qui serait contre-"éco-logique", il n'y a rien à faire pour éviter leur présence ( plus ou moins discrète quand tout va bien ) dans l'écosystème naissant.  Les cyanobactéries sont parmi les organismes les premiers apparus sur la Terre et elles ont une faculté d’adaptation écologique extraordinaire ; bien plus importante que tous les autres micro-organismes utiles à nos bacs. Il est alors bien évident que, présentes dès le début, les cyanos seront encore là quand tous les autres micro-organismes ont été éliminés ou presque par une méthode de maintenance récifale dénaturée.

 

Les produits anti-cyanos, une solution "radicale" !  

 

 

   Encore une fois, il faut rappeler, que tout comme les anti-bactériens, il n'existe pas sur le marché, à la connaissance de l'écologue, un traitement chimique radical dont les produits actifs cibleraient uniquement l'extermination des cyanobactéries. Traiter  un problème de "cyanos" en récifal avec un produit estampillé anti-cyanobactéries c'est obligatoirement et fatalement détruire du même coup l'ensemble des micro-organismes utiles ! Le récifaliste contraint d'en ariver là parce que son bac est en phase terminale d'une affection par les "cyanobactéries" doit savoir qu'il doit considérer son bac comme micro-biologiquement "neuf" après un traitement radical "anti-cyanos". Bien souvent, cet état de fait écologique va provoquer à moyen terme d'autres problèmes de maintenance que l'aquariophile ne pense pas à rapprocher du traitement contre les cyanobactéries qu'il a jugé terriblement ( c'est la cas de le dire ! ) efficace. Mieux vaut essayer de prévenir que guérir ! 

 

 

Le traitement écologique des cyanobactéries en récifal, une solution efficace

 

   Ce n’est aucunement un hasard si on a vu les problèmes de cyanobactéries s’amplifier au fur et à mesure que s’est développée la mode des aquariums récifaux « stériles » hyper-écumés, irradiés aux UV et aseptisés aux produits chimiques. Il est certain, que même si on ne peut pas s’en préserver absolument ( divers facteurs influants ), on peut prévenir le développement excessif de cyanobactéries dans un aquarium récifal en veillant tout simplement à accorder à nouveau à la microfaune et aux populations microbiennes ( bactéries et autres) la place originel qui leur revient au sein d’un écosystème. On peut constater empiriquement que les aquariums correctement ensemencés comme nous le préconisons sur ce blog sont bien plus rarement affectés par des problèmes de cyanobactéries. De même, on constate que traiter les cyanobactéries par le ré-ensemencement micro-biologique du bac est aussi efficace que n'importe quel produit proposé sur le marché aquariophile comme "anti-cyanos". Bien entendu, comme tout traitement visant à ré-équilibrer durablement un écosystème, l'ajout de microfaune et bactéries fraîches ne va pas éliminer radicalement en trois jours les cyanobactéries d'un aquarium comme le font réellement certains produits chimiques. Exterminer en trois jours des organismes aussi résistants que les cyanobactéries... Rien que d'y penser tout bon aquariophile devrait accueillir cette idée avec horreur ! 

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