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Comment être un dieu en aquariophilie d'eau de mer et d'eau douce 

  • Par lbno
  • Le 26/02/2019

Comment être un dieu en aquariophilie d'eau de mer et d'eau douce 

 

Le monde créé de l'aquariophile, l'écosystème

   Bien comprendre la notion d'écosystème est sans aucun doute la clé de la réussite en aquariophilie, qu'elle soit d'eau de mer, comme en récifal, ou d'eau douce. Pourquoi ? Parce qu'en réduisant la complexité du méga système qu'est la dynamique globale de la Nature en plus petits systèmes identifiables, relativement autonomes dans leur fonctionnement, nous pouvons plus aisément en étudier et comprendre les rouages. C'est ainsi que nous appréhendons l'aquarium comme une entité écosystémique. En vérité ni un milieu naturel ni un aquarium ne sont écologiquement autonomes puisqu'ils sont plus ou moins animés par des éléments extérieurs ( macro-environnement ). Ainsi par exemple un plan d'eau douce, constituant un écosystème à part entière, verra son taux de nutriments augmenté par des alluvions terrestres à la suite de fortes pluies, déclenchant ainsi un bloom phytoplanctonique, entraînant lui-même une explosion de zooplancton, etc. Même une boule en verre type EcoSpheres, censée être une entité absolument autonome est au moins influencée de l'extérieur par les paramètres "lumière" et "température".    

L'Aquarium, un monde agité qu'il faut gérer

   L'aquariophilie est maître de son aquarium au sens où il en est le créateur et le gestionnaire "matériel". Sur ce plan matériel, incluant le matériel proprement dit et la technique, l'aquariophile est comme un dieu. Toutefois sa puissance en aquariophilie s'arrête là où doit s'exprimer celle de la Nature. On peut bien entendu court-circuiter l'Oeuvre naturelle en la remplaçant par des manipulations chimiques humaines et de la "techno-mécanique" mais plus on progresse dans cette voie plus on s'éloigne de la pratique aquariophile et sa raison d'être philosophique et conceptuelle. Puisque le but essentiel de l'aquariophilie est de reproduire des écosystèmes aquatiques en milieu fermé il est donc fondamental que son praticien connaisse toujours mieux le monde en miniature qu'il gère. Nous avons déjà traité de ce qui définit formellement un "écosystème", à savoir l'association entre un biotope, une biocénose et les interactions entre ces deux données écologiques. Mais il est impératif de considérer aussi et surtout l'écosystème comme une flux énergétique et un mouvement de matière. Paradoxalement l'équilibre et la stabilité de l'écosystème "aquarium" dépendent du transfert incessant de l'énergie et de la matière à travers ses différents constituants, non vivants, ( comme par exemple la lumière ou le brassage ) et vivants ( Poissons, invertébrés, végétaux, microfaune, bactéries ) !  Tout cela est d'une complexité extrême... mais heureusement...

L'Aquarium, un monde qui questionne

... Heureusement il n'est pas nécessaire d'être ingénieur écologue pour gérer écosystémiquement un aquarium ! La santé de l'écosystème "aquarium" peut s'appréhender simplement ( s'il on peut dire ) à travers l'observation des cycles biogéochimiques résultant de sa dynamique énergétique et des transferts de matière. Il s'agit principalement en aquariophilie des cycles du carbone, de l'azote, du phosphore et éventuellement du souffre. Le but de cet article n'est pas de traiter de ces cycles fondamentaux en aquariophilie, notamment le cycle de l'azote en eau douce et eau de mer et ceux de l'azote et du phosphore en récifal. Il s'agissait juste de souligner que malgré l'extrême complexité d'appréhension de l'écosystème en tant qu'entité dynamique, l'aquariophile dispose de moyens de contrôle de la bonne la santé de ce dernier en aquarium. Tous les aquariophiles, d'autant plus s'ils sont récifalistes, accordent une grande importance à la mesure des taux de divers paramètres chimiques. Mais peu finalement ne relient les résultats de leurs tests à la dynamique écosystémique dans leurs aquariums. Leur première idée lorsqu'ils s'agit de rectifier des paramètres chimiques inadaptés est d'agir directement sur ce plan chimique en ajoutant un peu de ceci ou de cela. Si ce procédé peut s'avérer pertinent pour remettre rapidement de l'ordre paramétrique il ne règle en rien le problème de fond qui ne peut se résoudre qu'après avoir répondu à ce questionnement : Qu'est-ce qui dans la dynamique de mon écosystème conduit à ce résultat chimique ?

Conclusion 

« Dieu ne joue pas aux dés », comme aurait dit un certain Albert Einstein. De même l'aquariophile, un dieu face à son aquarium,  ne doit pas jouer en permanence à l'apprenti sorcier avec son monde. En voulant le modifier sans tenir compte de ce qui l'anime intrinsèquement il en perturbe constamment l'équilibre ionique et favorise la prolifération de "pestes" ( comme par exemple les cyanobactéries ) et engendre du stress chez les poissons, les invertébrés et les végétaux, qui réagissent pathologiquement. Bref, l'aquariophile ne doit jamais perdre de vue qu'au dessus de sa condition privilégiée de dieu face à son aquarium il y a la Mère Nature et que passer outre ses règles écologiques c'est systématiquement se créer des problèmes

 

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