Votre panier est vide  Votre compte

bactéries

K et r, deux lettres qui font la beauté d'un bac récifal sain

  • Par lbno
  • Le 07/10/2019

K et r, deux lettres qui font la beauté d'un bac récifal sain

 

   Les micro-organismes détritivores, que l'on nomment génériquement "microfaune" en aquariophilie récifale, font partie en écologie des espèces dites pionnières, c'est à dire qu'elles sont les premières, avec les populations microbiennes décomposeurs ( bactéries entre autres ) à coloniser un écosystème naissant. C'est donc très logiquement qu'en milieu fermé, en aquarium récifal en l'occurence, on commence par introduire les micro-organismes... Mais pourquoi donc finalement ? Encore une fois, on va s'apercevoir que derrière les choix de maintenance de nos bacs récifaux il y a des raisons écologiques principielles. Mieux on sait objectivement pourquoi on fait quelque chose en aquariophilie mieux on le fait et moins on risque de se laisser dévoyer par des idées reçues.  

L'ensemencement du récifal ou l'introduction des "r"

  L'ensemencement marque véritablement la naissance de l'écosystème sur lequel va reposer la viabilité à court, moyen et long terme du bac récifal. On pourrait penser que le rôle des micro-organismes détritivores et décomposeurs est, au démarrage du bac, réduit, puisqu'il n'y a pas grand chose à traiter comme matière organique. Seulement, il est une fonction de l'ensemencement d'un aquarium récifal dont il est temps de parler en aquariophilie, à savoir la production de la biomasse de type "r". La lettre "r" fait référence en écologie au terme taux ( rate, en anglais ) et se rapporte aux espèces animales et végétales qui misent sur une production rapide et en grande quantité de leur effectif pour coloniser un milieu au biotope instable. Ces organismes compensent leurs pertes par une reproduction très rapide. Cette perte est d'abord due à l'instabilité du milieu au démarrage du bac récifal puis le sera plus encore après l'introduction des prédateurs que sont les espèces constituant la biomasse de type "K". 

L'introduction en récifal des espèces de type K

   Ici, la lettre K ( en majuscule par convention ) se rapporte au mot allemand Kapazitätsgrenze qui se traduit approximativement en français par "capacité limitée". Les espèces de stratégies K sont en fait les animaux et végétaux dont la survie générationnelle dépend de la stabilité du milieu. C'est pour cela en récifal que l'on introduit par exemple les coraux et poissons ( espèces de type K ) après la période de maturation de l'écosystème assurée par la biomasse de type r, les micro-organismes donc ( dont les micro-algues si importantes au démarrage d'un récifal ). Comme les espèces K sont très sensibles au variations des paramètres physiques et chimiques on va logiquement compter sur des espèces peu exigeantes à ce niveau pour "animer" ( étymologiquement "donner vie" ) l'écosystème. De même, après le crash d'un bac récifal qui menacera ou aura négativement touché les espèces K ( coraux, poissons.. ) on comptera sur la microfaune, les micro-algues et les bactéries ( les stratèges r ) pour rétablirent l'équilibre chimique du bac et sauver ce qui peut encore l'être. 

Il faut que r diminue pour que K croisse et que le récifal devienne beau 

   Les organismes r, les micro-organismes donc, constituent le socle invisible mais fondamental du récifal. C'est sur ce socle écologique que va se développer l'édifice visible, celui qui fait l'esthétisme d'un bac récifal, autrement dit  les coraux et poissons de la populations K. Non seulement les micro-organismes r préparent chimiquement le bac a accueillir les belles espèces K mais ils constituent aussi le premiers maillon de la chaîne trophique ( réseau alimentaire ). C'est pourquoi on constate une explosion de microfaune peu après l'ensemencement mais que l'on a l'impression qu'elle disparaît rapidement ensuite. La microfaune ne disparaît pas à l'introduction des populations K, elle est régulée quantitativement par sa capacité à adopter un style de vie plus discret. Il est bien évident que la microfaune s'agglutinant au démarrage du bac sur une vitre sera rapidement avalée par les prédateurs K. Même la microfaune d'un refuge tendra à diminuer quantitativement ; non pas cette fois par prédation directe mais par prédation du zooplancton temporaire qu'elle produit pour se reproduire.