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cause cyanobactéries

Récifal : Cyanobactéries, tests et rapport de Redfield.

  • Par lbno
  • Le 04/10/2019

Récifal : Cyanobactéries, tests et rapport de Redfield

Anti cyano

 

   On entend souvent parler en milieu récifal des nitrates et/ou phosphates comme facteurs limitants du développement des cyanobactéries. Il y a dans ce raprochement cause/effet une grosse part d'irrationnalité ou du moins il s'agit d'une information a-priori qui ne colle pas vraiment avec les données que nous fournit l'Écologie. Ni les connaissances théoriques ni les observations aquariophiles raisonnées par un esprit naturaliste ne rejoignent les arguments des récifalistes la véhiculant avec à mon avis trop de conviction. S'il suffisait de maintenir dans un bac récifal des taux de no3 et de po4 faibles et de conserver un certain ratio entre ces deux éléments pour se préserver d'une invasion de cyanobactéries ou de régler véritablement la cause du problème "cyano" cela se saurait dans le milieu des écologues confrontés à ce problème en milieu naturel. 

La vie des cyanobactéries ne dépent absolument pas du taux de no3

   Il est important de savoir que les cyanobactéries n'ont aucunement directement besoin de no3 pour prospérer dans un aquarium récifal. Tous les récifalistes cherchent à boucler de manière optimale le cycle de l'azote dans leurs bacs. C'est à cet effet que l'on introduit dans un récifal des pierres vivantes spécifiquement poreuses et parfois un lit de sable épais ( DSB). Ces deux moyens bio-chimiques, grâce aux bactéries anaérobies qu'ils hébergent, assurent la transformation des no3 ( nitrates ) en N2 ( azote gazeux ). Ce gaz libéré dans la colonne d'eau de l'aquarium d'eau de mer rejoint la surface puis l'atmosphère. Les cyanobactéries ont la capacité de fixer cet azote gazeux et ainsi continuellement assurer l'équilibre N/P ( Azote/Phosphore ) de leur métabolisme. Quant au phosphore, même quand les tests le révèle à son minimum repérable, il est toujours en quantité suffisante dans un récifal pour contenter les micro-organismes comme les cyanobactéries et les micro-algues. C'est même d'ailleurs parce que la population micro-organique ( végétale, animale et bactérienne ) absorbent les po4 au fur et à mesure de leur production que le taux mesuré peut rester faible dans un bac récifal écosystémique sans avoir besoin de moyen d'épuration sophistiqué. Il est absolument impossible, sauf dans des conditions de laboratoires qui ne seraient plus viables pour un aquarium, de carencer les cyanobactéries en azote et en phosphore.

Les tests témoignent d'un état mais pas de la cause des cyanobactéries  ! 

   Le fait que les cyanobactéries envahissent souvent les aquariums marins ayant des taux de no3 et de po4 élevés ne veut pas dire que ces taux sont directement relatifs au problème "cyano". Ces taux élevés indiquent surtout que le bac récifal est dans un processus d'eutrophisation probablement dû à un dysfonctionnement dans le cycle de traitement des déchets de matière organique. De même, le déséquilibre proportionnel entre oxygène, carbone, azote et phosphore ( le très complexe rapport de Redfield ) ne prévient pas ou ne justifie pas directement d'une invasion de cyanobactéries en récifal mais il symptomatise là aussi un dysfonctionnement détritique dont vont certainement profiter les "opportunistes" cyanos. Le fait de constater parfois la disparition des cyanobactéries après avoir rééquilibré ce rapport de Redfield ne présume pas qu'il s'agit là du traitement had hoc contre les cyanobactéries mais plutôt que le fonctionnement de l'écosystème récifal est à nouveau sain et viable. Les cyanobactéries ne sont pas les envahisseurs systématiques d'un milieu aquatique déréglé - les algues filamenteuses par exemple peuvent être productivement prédominantes - et elles ne sont pas non plus systématiquement absentes d'un bac parfaitement équilibré. Les récifalistes savent trop bien que tous les paramètres chimiques et physiques peuvent être bons dans leurs bacs récifaux bien qu'ils soient inexplicablement confrontés à un sérieux problème de cyanobactéries.

Cyanobactéries et raison écologique en récifal

   Ce qui est en revanche une certitude c'est que cyanobactéries et défaut biologique sur la chaîne de traitement des déchets en récifal vont presque toujours ensemble. Il faut juste comprendre qu'avoir des bons paramètres chimiques et physiques ( biotope ) dans un récifal ne veut pas forcément dire qu'il n'y a pas dans ce dernier un défaut d'épuration biologique ( biocénoce ). Sur le plan technique Il existe différents moyens ( comme le sur-écumage, la sur-filtration ou l'emploie d'intrants chimiques ) de conserver des taux de no3 et po4 faibles, voire très faibles ; mais il n'empêche que les récifaux oligotrophes "aseptisés" sont les victimes privilégiés des cyanobactéries ; il n'y à qu'à constater le nombre de posts évoquant le problème de cyano sur les réseaux sociaux pronant encore la méthode de maintenance récifal "usine à gaz". Pour moi qui pratique l'aquariophile marine depuis bien longtemps et qui ai pu apprécier son évolution positive et négative il est certain que les problèmes de cyanobactéries en récifal se sont multipliés proportionnellement au développement d'une maintenance récifaliste dénaturalisée et que le meilleur remède contre les cyanobactéries c'est d'entretenir un écosystème complet.