Votre panier est vide  Votre compte

maintenance aquarium eau de mer

Le syndrome du vieux bac récifal n'existe pas

  • Par lbno
  • Le 05/04/2019

Le syndrome du vieux bac récifal n'existe pas !  

   

   Tout débutant récifaliste qui s'informe un tant soit peu sur la maintenance à moyen et long terme de son aquarium d'eau de mer entendra probablement parler du syndrome du vieux bac. Le titre de cet article annonce clairement la position d'Aquamicrofaune sur le sujet !  Le syndrome du vieux bac est, comme beaucoup d'autres en aquariophilie récifale, une idée reçue, une croyance populaire récifaliste qui ne résiste pas bien longtemps à l'analyse écologique rationnelle. On ne confondra pas ici le syndrome du vieux bac ( lié hypothétiquement au vieillissement des pierres vivantes ) avec celui "du vieux lit de sable épais" qui voudrait qu'un DSB est une courte vie saine et qu'il se transforme vite en "nid à merde".  On va donc en fait uniquement traité ci-dessous de ce que l'on pourrait appeler le syndrome des pierres vivantes vieillissantes et mourantes en récifal.

Le colmatage des pierres vivantes en récifal

   Il y aurait paraît-il un moment où les pierres vivantes, poreuses à souhait au démarrage du bac, deviendrait de vulgaires roches sans intérêt du fait du colmatage de leurs pores. Comment les adeptes de la théorie du syndrome du vieux bac expliquent--ils ce phénomène étrange qui se passe uniquement dans les aquariums mais jamais dans la nature ? En fait, d'après eux, les pierres vivantes accumuleraient dans leurs canaux poreux des sédiments ( inorganiques et organiques ) et des algues calcaires encroûtantes. Comme on ne connaît pas encore d'algues ( des végétaux rappelons-le ) qui se développent sans lumière, on peut déjà commencer par écarter évidemment l'idée d'un colmatage en profondeur des pierres vivantes par des algues, comme par exemple la coralline souvent citée comme coupable. Passons ce "détail" ! Ce phénomène de comblement des trous des pierres vivantes conduirait donc fatalement à la transformation des roches coralliennes ( véritables ou synthétiques type aquaroche ) en bloc minéral compact impropre à l'usage récifaliste. Seulement cette explication ne tient pas ! Ces deux causes susceptibles de justifier le supposé syndrome du vieux bac impliquent l'inactivité dans l'aquarium d'un phénomène écologique relativement connu : La bio-érosion  

Le système respiratoire vital des pierres vivantes en récifal 

    Une foule de micro-organismes dits justement "perforants" compose en partie la population micro-biologique d'un aquarium d'eau de mer écologiquement équilibré ( écosystémique ). Comme toujours dans un écosystème le travail d'un agent vivant entraîne ou prépare celui d'un autre. Ainsi, d'autres animaux plus gros ( poissons, mollusques, échinodermes, crustacés, vers, etc. ) tirent profit alimentaire de ce phénomène naturel de micro-bio-érosion. Micro bio-érosion + macro-bio-érosion = bio-érosion. Si l'on observe bien les pierres vivantes dans un récifal écologiquement équilibré on s'aperçoit que le périphyton recouvrant une roche saine en aquarium est sans cesse "travailler". Ainsi, il n'est pas rare de constater au petit matin que des parcelles de corallines sont comme grattées sur la pierre. En surface comme à l'intérieur d'une pierre vivante chaque élément surajouté à la roche brute est donc constamment bio-érodé par de la microfaune et de la macrofaune. La moindre particule déposée sur ou dans une pierres vivante est en mouvement permanent, soit de manière uniquement physique ( "gros" sédiments inorganiques  ), soit de façon bio-chimique ( sédiments organiques ). Ce phénomène de bio-érosion fait qu'une pierre vivante respire constamment... Et une pierre vivante est d'autant plus vivante au sens écologique parce que des organismes et en tout premier lieu des micro-organismes rythme sa respiration vitale !  

Un vieux récifal, cela existe vraiment ?  

   Un écosystème vieillit. Ainsi en est-il de l'étang qui, sans intervention humaine, tendra lentement mais sûrement à se transformer par eutrophisation en marée puis en tourbière, puis en une prairie humide et enfin en terrain. Seulement on parle là de processus écologique naturel s'étalant sur plusieurs centaines, voire des milliers d'années. Si le vieillissement naturel d'un écosystème est inéluctable en revanche ne l'est assurément pas le processus qui fait que des pierres vivantes maintenues en aquariums se transforment en moins de 10 ans ( certains parlent même de 5 ans ! ) en malheureuses roches agonisantes. Plus que de syndrome du vieux bac on devrait parler de syndrome de l'aquarium d'eau de mer qui n'en est pas un ou plus un, par défaut écologique ! Le syndrome du vieux bac n'existe pas ! En revanche il existe des bacs dépourvus d'une population bio-diversifiée de microfaune. Soit ces récifaux sont micro-stériles depuis le début ( pas d'ensemencement optimal au démarrage ) soit ils ont en effet subit une certaine "usure" écologique. Dans les deux cas le mauvais vieillissement est uniquement dû à une déficience micro-biologique. Et cela change tout ! Ce n'est plus le vieillissement temporel du bac qui explique sa dégradation bio-géo-chimique ( détérioration des paramètres mesurables ) mais son handicap écologique ! Le syndrome du bac récifal handicapé est une réalité et on en connaît les nombreux symptômes