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Les bactéries, la nourriture vivante de base en récifal

  • Par lbno
  • Le 16/11/2017

Les bactéries, la nourriture vivante de base en aquarium récifal

   Si je vous dis "bactéries en récifal", vous pensez à quoi ? Probablement filtration biologique ( Nitrification et dénitrification ) et pathologie ( maladies bactériennes )... Avez-vous immédiatement pensé à "nourriture vivante" ? Je pense que non. 

Le biologiste, écologiste et récifaliste Eric Borneman a publié dans le célèbre magasine numérique reefkeeping un article au titre évocateur : The Food of Reefs : Bacteria ( La nourriture des récifs : les bactéries ). Je vais me contenter ici de reprendre les points les plus explicites de cet article, les données qui intéressent directement notre pratique aquariophile : ceux qui souhaitent entrer dans les détails plus scientifiques du sujet peuvent accéder via ce lien à la la publication de Borneman.

Personnellement j'ai déjà traité sur ce blog du réseau trophique en aquarium ( chaîne alimentaire ) en y incluant les bactéries mais vous le savez je ne manque jamais l'occasion de corroborer mes propos par ceux, plus scientifiquement étayés, de "pointures" mondiales de l'aquariophilie. Voilà donc ce que dit Eric Borneman : 

 

La biomasse et la productivité des bactéries sur les récifs coralliens sont aussi importantes que dans les lacs enrichis en nutriments (ou «eutrophes») et jusqu'à cent fois plus élevées qu'en haute mer.

Les bactéries dans les sédiments enrichis sont estimées se trouver en nombres extraordinairement élevés, comprenant quelque part entre deux à cinq pour cent du poids total ou de la matière organique présente. Cela peut être remarquable pour expliquer pourquoi les coraux "s'ouvrent et se nourrissent" lorsque les sédiments d'un réservoir sont agités.

Les chaînes alimentaires détritiques prédominent dans la plupart des écosystèmes marins, et il a été constaté que la majeure partie du régime alimentaire des herbivores, ainsi que leurs besoins nutritionnels, ne proviennent pas de la consommation directe de phytoplancton mais de la consommation de périphéries adhérentes et détritiques. matériel qui est enrichi par les communautés microbiennes attachées. L'importance de ces composantes du régime semble presque universelle dans les écosystèmes marins. 

dans pratiquement tous les environnements marins étudiés, les bactéries sont des purificateurs d'eau, des décomposeurs de matière organique et une source primaire de protéines pour les animaux qui les broutent directement et ceux qui les acquièrent indirectement.

Compte tenu de l'importance des bactéries comme source de nourriture dans les écosystèmes marins, il n'est pas surprenant d'apprendre qu'elles sont également une source alimentaire primaire pour les coraux. Il a été constaté que les bactéries seules peuvent fournir jusqu'à 100% des besoins quotidiens en carbone et en azote des coraux. Tous les coraux étudiés consomment des matières organiques dissoutes, des bactéries et des détritus. C'est plus que ce que l'on peut dire pour toute autre source de nourriture, y compris le zooplancton et la lumière.

- Les tentatives de «stériliser» les surfaces ou les réservoirs de coraux en utilisant des trempettes prophylactiques ou des antiseptiques et des antibiotiques ont le potentiel de faire plus de mal que de bien dans la majorité des cas. La plupart des aquariophiles ont probablement l'impression que les «bonnes» et les «mauvaises» bactéries existent, mais peuvent ne pas être conscientes des niveaux relatifs de chacune, de l'importance de la diversité et des rôles de la communauté microbienne ou de l'ampleur de la biomasse. Une compréhension plus complète des rôles et de l'importance des communautés bactériennes dans les aquariums est essentielle pour comprendre comment fonctionnent les aquariums récifaux et assurer leur succès.

 

Analyse personnelle  

" et il a été constaté que la majeure partie du régime alimentaire des herbivores, ainsi que leurs besoins nutritionnels, ne proviennent pas de la consommation directe de phytoplancton mais de la consommation de périphéries adhérentes et détritiques."

Cette phrase résume à elle seule l'importance des bactéries dans le réseau alimentaire de nos récifaux. Les premiers "herbivores" dans nos bacs écologiques sont les consommateurs de phytoplancton, autrement dit la microfaune. On constate donc que cette microfaune va principalement ingérer indirectement ce phytoplancton en consommant les bactéries qui colonisent et phagocytent ( absorbent et digèrent ) des particules végétales ( et aussi des déchets d'origine animal bien entendu ). On imagine donc aisément l'importance de ces bactéries qui permettent ainsi le transfert de micro-algues fixées ( qui nécessitent un broutage et sont donc réservés aux animaux spécialisés, comme les gastéropodes par exemple ) en particules "libres" devenues ainsi consommables pour les espèces de microfaunes non équipée pour le broutage. Quand on sait qu'un lit de sable épais ( DSB ) est colonisé par diverses espèces de micro-algues, comme les diatomées, on peut penser que les bactéries, en les consommant, avant d'être elles-mêmes consommées par la microfaune et les coraux, enter autres, jouent un rôle capital en tant que maillon basique de la chaîne alimentaire.  

Conclusion

On en est qu'au tout début de l'étude des bactéries en tant que "nourriture fourrage" ; les recherches ont été surtout jusqu'à présent axées sur l'aspect pathogène des bactéries ; c'est d'ailleurs cette investigation orientée qui a conduit en partie à la mode des stérilisateurs en tout genre ( lampe UV ou produits antibactériens  ). Compte tenu de ses spécialisations scientifiques et de son expérience des récifs, on peut faire confiance à Eric Borneman quand il nous dit que le rôle des bactéries utiles en aquarium ne se résument pas à la filtration. Nous n'arrivons pas toujours à déterminer pourquoi la microfaune ne s'installe pas comme nous l'espérons dans certains bacs ; il est rare que nous pensions à un possible défaut de la qualité de nos population bactérienne et donc d'un manque de nourriture adaptée pour certaines micro-bestioles. Cet article est une piste de réflexion...