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zooplancton

Production nocturne de zooplancton par la microfaune d'un récifal

  • Par lbno
  • Le 05/02/2020

Production nocturne de zooplancton par la microfaune d'un récifal

 

   Tous les possesseurs de récifaux correctement ensemencés et donc pourvus en microfaune ont pu constater que les coraux réputés pour nécessiter des distributions de nourriture artificielle, qu'il faut parfois déposer avec une pipette au-dessus de polypes, savent se débrouiller tout seuls pour se nourrir. On peut bien entendu booster leur croissance en ajoutant des nourritures toutes prêtes "spécial coraux " mais il est certain que cela n'est pas indispensable dans un bac hébergeant une véritable population de microfaune.     

Le comportement prédateur du corail en récifal 

   Dans la nature de très nombreux coraux se nourrissent en chassant ou "aspirant" le zooplancton et le phytoplancton flottant au gré du courant. On peut constater en aquarium qu'ils reproduisent ce comportement alimentaire quand ils sortent leurs tentacules ou se gonflent ou encore ouvrent grand leurs bouches ( les corallimorphaires par exemple ). Dans les bacs récifaux déficients en microfaune on parvient à provoquer volontairement ce comportement en introduisant de la nourriture artificielle, tout près de leurs polypes ou même plus simplement dans la colonne d'eau. En dehors de cette stimulation artificielle provoquant sa réaction alimentaire le corail ne va quasiment jamais montrer le moindre signe de prédation dans un récifal pauvre en microfaune. On peut d'ailleurs remarquer qu'un corail sauvage nouvellement installé en captivité dans ce genre de bac "stérile" va continuer d'avoir un comportement de chasseur, la nuit surtout, puis il va finir par cesser de le faire après quelques semaines. Pas fou le corail ! Tout animal "calcule" le rapport entre sa dépense en énergie et le résultat de son effort. Or, très vite le corail "comprend" qu'il n' y a rien de comestible dans l'eau et que par conséquent rien ne sert de sa fatiguer à déployer ses pièges, du moins de nuit comme dans la nature. 

De la neige planctonique dans son bac récifal

   Il faut n'avoir jamais vu de ses yeux ou dans un reportage la quantité de minuscules particules planctoniques qui flottent dans l'eau où baignent les coraux sur les récifs pour penser encore qu'avoir une eau constamment cristalline comme de l'eau de roche dans un récifal n'est pas normal. Même si l'eau reste relativement limpide sur les récifs coralliens pendant le jour on peut y voir la nuit, à travers le faisceau d'une lampe, que la colonne d'eau est à l'image d'une colonne de poussière apparaissant dans une pièce au sein d'un rayon de soleil ; des millions de micro-organismes y "dansent" ! Dans un bac bien pourvu en microfaune, d'autant plus si ce dernier à un lit de sable épais, on peut voir le même phénomène , toute proportion gardée, en plaçant de nuit une lampe de portable au-dessus du bac. Certes la densité de "poussière de vie" n'est pas aussi dense que sur un récif mais elle est bien présente et suffisante pour contenter l'appétit des coraux.   

Le cycle du zooplancton en récifal 

   Si sur les récifs une grand partie de cette manne planctonique est emportée au gré du courant par l'océan et n'est donc plus à portée des coraux dans l'aquarium en revanche elle ne peut échapper aux coraux qu'en étant projetée par le brassage à travers les pores des roches et entre les grains de sable. Le zooplancton temporaire qui échappe ainsi à l'estomac des polypes reconstitue en permanence la population de microfaune. Bien entendu, le taux de prédation microphage dans nos bacs étant supérieure au taux de production de la microfaune ( reproduction ) cette dernière tend constamment à régresser, d'où l'intérêt d'un ré-ensemencement périodique en microfaune . De plus, l'écumage, et à fortiori le sur-écumage, accélère encore un peu plus la raréfaction de la population de microfaune dans un récifal. La solution pour réduire la perte productive de microfaune dans un récifal est de créer un refuge qui mettra une petite partie du zooplancton temporaire à l'abri mais il faut tout de même raisonnablement relativiser l'importance conservatrice d'un refuge en récifal.  

Conclusion

   En dehors de sa fonction épuratrice essentielle dans un récifal,  la microfaune, notamment grâce à sa production de zooplancton temporaire ( gamètes, oeufs et larves ), constitue un garde-manger naturel permanent pour de nombreux organismes. Chaque nuit un bac récifal écosystémique ( respectant le plus mieux possible la dynamique écologique naturelle ) est le théâtre d'une fascinante dynamique micro-écologique. Des substrats ( pierres et sable notamment ) émanent des milliers ( des millions ? ) de minuscules particules vivantes que la brassage entraînent près des tentacules, des bouches et des membranes ( bivalves ) d'une foule d'invertébrés sessiles. Ce n'est pas par hasard que les bacs récifaux "naturels" favorisent  la maintenance des coraux non-symbiotiques